Homélie pour la première communion des enfants

Les enfants, avez-vous bien écouté cette page d’Evangile ? Qui peut me dire les trois paroles de Jésus dans cette page d’Evangile ?

  • Où pourrions-nous acheter du pain pour que tout le monde ait à manger ?
  • Faites les asseoir !
  • Ramassez les morceaux en surplus afin que rien ne se perde.

Des fois on pourrait avoir l’impression que Jésus, il est au ciel, bien loin de nous, mais quand on lit l’évangile, on se rend compte qu’il a les pieds bien sur terre.

Jésus voit une foule. Et il pose la question à Philippe : où pourrions-nous acheter du pain pour toute cette foule ? Il se doute que cette foule qui l’a suivi de l’autre côté du lac doit commencer à avoir faim, alors il se soucie de ne pas la renvoyer sans qu’elle ait mangé, oui mais voilà où acheter du pain pour tant de monde. Jésus se pose la question de l'intendance et se soucie de ceux qui ont faim.

Et puis, faites les asseoir ! Il voit bien aussi que la foule est fatiguée, il faut qu’elle se repose le temps du repas. Jésus est soucieux de tous ses gens et parmi eux, il doit y avoir des gens plus âgés, d’autre plus jeunes, même des femmes enceintes. Jésus se soucie de ceux qui sont fatigués.

Et puis plus étonnant, dernière phrase : que rien ne se perde. Pas de gaspillage. A l’heure où nous sommes soucieux des ressources de la planète et des déséquilibres entre ceux qui n’ont pas de quoi vivre et ceux qui gaspillent, Jésus nous rappelle que rien ne doit se perdre. Pas de gaspillage. Voilà les trois paroles de Jésus dans cet évangile. Ca n’a rien d’extraordinaire. Ce sont des attentions toutes simples que nous devrions nous aussi avoir tous les jours.

Il y a ce que Jésus dit, mais aussi ce qu’il fait. Et ce qu’il fait est peut-être plus subtil. Je dirais que Jésus fait trois choses. Il entre en communion avec la foule, il entre en communion avec Dieu son Père, il nous aide à entrer en communion avec lui.

Par le souci qu’il a de la foule, affamée, fatiguée. Jésus se sens tellement proche d’elle qu’on peut dire qu’il est en communion avec elle. Il ressent ce que ressent la foule, il éprouve ce qu’éprouve la foule. Il est en communion avec elle.

Et puis, il y a ces paroles que l’évangile ne nous rapporte pas. Après avoir rendu grâce, nous dit l’évangile. Jésus se tourne vers son Père, et il lui rend grâce, il lui dit merci, le texte ne nous dit pas pourquoi, mais on sent bien qu’à ce moment-là Jésus est tellement proche de son Père, qu’on peut dire qu’il est en communion avec lui.

Jésus est en communion avec la foule, il est en communion avec son Père. Alors se réalise l’impossible, par lui, grâce à lui, la foule qui est en communion avec Jésus qui est en communion avec son Père, se trouve, elle aussi, être en communion avec Dieu lui-même.

Alors voilà les enfants, tout à l’heure vous allez communier pour la première fois. Après tout ce que je viens de dire, vous avez compris qu’il est plus important d’être en communion que de faire sa communion. Et c’est bien pour cela que nous allons dire cette grande prière eucharistique qui est sur votre feuille.

Dans cette grande prière, nous faisons trois choses. Nous disons merci, nous faisons mémoire, et nous nous préparons pour être en communion.

Dire merci, rendre grâce pour tout ce que Dieu fait pour nous, pour tout ce qu’il nous a donné, le monde, la création, la vie, l’amour et particulièrement de nous avoir donné Jésus son fils, lui qui est allé jusqu’à donner sa vie pour nous. Dire merci, rendre grâce.

Alors nous faisons ensuite mémoire de Jésus, de son dernier repas avec ses disciples, le jour où il a pris le pain et l’a donné à ses disciples : prenez et mangez ceci est mon corps. Nous faisons mémoire de sa mort et de sa résurrection.

Et puis nous demandons à Dieu de bien nous préparer pour être en communion. Nous allons recevoir à cette table dans la joie de l’Esprit-Saint le Corps et le Sang du Christ, que cette communion nous rende capables de vivre comme Jésus entièrement donné à toi et aux autres. Communier, c’est accepter de nourrir sa vie à la vie de Jésus pour que notre vie ressemble un peu à la sienne. Accorde-nous et à tous les disciples de Jésus d’être de ceux qui font la paix et le bonheur autour d’eux. Etre en communion avec Jésus, c’est aussi être en communion avec les autres, être artisans de paix et de bonheur autour de soi.

Voilà les enfants, voulez-vous recevoir Jésus dans votre cœur pour qu’il vienne le nourrir de sa vie ?

Alors préparez-vous !

 

7ème dimanche de Pâques

J’ai toujours trouvé ce 7ème dimanche de Pâques un petit peu particulier. Nous sommes entre l’Ascension que nous fêtions jeudi et la Pentecôte que nous fêterons dimanche prochain. Jésus n’est plus là et l’Esprit-Saint n’est pas encore là. Nous sommes un peu comme les apôtres, en attente. Et la seule attitude possible est peut-être justement celle de Jésus dans cette page d’évangile : celle de la prière. Ce chapitre 17 de l’évangile de Jean on l’appelle la prière sacerdotale de Jésus et nous en lisons un extrait lors de ce 7ème dimanche de Pâques, le début l’année dernière, le cœur cette année et la fin l’année prochain. Prière sacerdotale, car Jésus ne prie pas pour lui-même, mais pour ceux que le Père lui a confié.

Ce qui marque dans cette partie que nous venons d’entendre, c’est un mot, qui revient une dizaine de fois. Le mot monde. Un mot qui chez Saint Jean a deux sens et deux sens, j’ai envie de dire un peu opposé. Le premier sens est très positif, le monde, c’est la création et Dieu aime sa création. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique pour le sauver. Dieu aime ce monde et veut le sauver. Mais ce monde est marqué par l’emprise du mauvais. Comme le dit Saint Jean dans le prologue de son Evangile : la lumière est venue dans le monde, mais le monde a préféré les ténèbres. Il ne l’a pas reçu. C’est bien sûr avec ce sens là que Jésus dit que ses disciples et lui-même ne sont pas du monde.

Alors Jésus prie pour ses disciples qui sont dans le monde. Cette prière tourne autour de trois axes :

  • L’unité,
  • La joie,
  • La vérité.

"Garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné,  pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.  Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné". 3 fois cette notion d’unité revient dans cette parole de Jésus.

Trois caractéristiques de cette unité : il s’agit d’être uni dans la foi, la foi au nom du Père, Fils et Esprit qui crée l’unité. Beaucoup de choses peuvent nous séparer, mais l’essentiel, ce qui fait notre unité c’est notre foi au Christ. Et ça c’est bien plus important que ce qui nous sépare. Cette unité, elle a un modèle, "qu’ils soient un comme nous-mêmes" : unité du Père et du Fils. Et cette unité, c’est un attribut de l’Esprit. L’Esprit d’unité, l’esprit de communion. C’est l’Esprit qui réalise cette unité, cette communion. Que la communion de l’Esprit-Saint soit toujours avec vous disons-nous en commençant l’eucharistie.

La joie. « Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés ». C’est un peu paradoxal, le Christ et ses disciples sont en train de vivre des heures très sombres, nous sommes dans la nuit de la dernière Cène, quelques heures avant que Jésus n’entre dans sa passion. C’est la peur, l’angoisse, la panique qui dominent, mais Jésus parle de joie : qu’ils aient en eux ma joie. C’est la joie du Christ. Cette joie, elle naît de la rencontre. Quand sommes-nous vraiment joyeux ? On n’est jamais joyeux tout seul, la joie naît de la rencontre avec quelqu’un avec qui nous sommes parfaitement en communion. Alors cette joie est aussi le fruit de l’Esprit. Saint Paul le dit dans sa lettre aux galates : le fruit de l’Esprit est amour, paix, joie.

Et enfin, la vérité. «  Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité… afin qu’ils soient eux aussi, sanctifiés dans la vérité. » Trois fois le mot vérité. La vérité, c’est le Christ lui-même. Je suis le chemin, la vérité et la vie, dit Jésus au chapitre 14 de ce même évangile. Le Christ est la parole de Dieu, sa vie, son message, le don qu’il fait de sa vie, c’est la Parole de Dieu et cette Parole est bien sûr vérité. Et l’Esprit est celui qui nous fera souvenir de cette Parole à tel point qu’on le nomme l’Esprit de Vérité.

Voilà l’Esprit que nous attendons à la Pentecôte : l’Esprit d’Unité, l’Esprit de Joie, l’Esprit de Vérité.

Et c’est bien avec cet Esprit que nous sommes envoyés dans ce monde qui est le nôtre. Non pas pour le combattre. Certes ce monde peut nous apparaÏtre bien souvent marqué par le mauvais comme dit Jésus. Ce monde peut nous apparaître bien marqué par des valeurs qui ne sont pas les nôtres. Bien des questions ont été soulevées ces derniers temps particulièrement dans le domaine de la bioéthique, et il peut être tentant de s’enfermer dans une sorte de réflexe communautariste identitaire et d’opposer une contre-culture à la culture ambiante. Ce serait tourner le dos à 2000 ans d’histoire de l’Eglise.

Oui nous avons à vivre dans ce monde qui est le nôtre. Non pas forcément pour adhérer à tout ce qui le caractérise, mais pour le questionner en témoignant de notre foi. Notre foi n’est pas là pour classer les gens entre bons et mauvais, elle est pour les artisans de paix qui voient dans ce monde des frères et des sœurs à aimer, des frères et des sœurs avec qui se réconcilier, des frères et des soeurs à sauver. Et pour cela il faut – à l’aide de l’Esprit de Pentecôte - travailler à l’unité du genre humain, être source de joie autour de nous, et témoigner de la vérité à laquelle nous croyons.

 

4ème dimanche de Pâques

Le quatrième dimanche de Pâques, nous relisons toujours un extrait de ce chapitre 10 de l’évangile de Jean que l’on appelle : « Le bon pasteur ». Nous avons écouté la première partie l’an dernier et nous écouterons la fin l’année prochain. Cette année, c’est donc le cœur de ce texte que nous accueillons. Dans ce passage, j’ai voulu retenir 3 choses qui caractérisent ce bon pasteur :

  • Le bon pasteur, c’est celui qui connait ses brebis
  • Le bon pasteur c’est celui qui rassemble
  • Le bon pasteur c’est celui qui donne sa vie pour ses brebis.

Le bon pasteur connait ses brebis et ses brebis le connaissent, c’est donc une connaissance réciproque. Ce n’est pas comme si je disais, je connais telle ou telle star, qui elle ne me connait pas du tout. Non, ici la connaissance est réciproque et pour qu’il y a ait connaissance réciproque, il faut qu’il y a ait une certaine intimité, une certaine fréquentation mutuelle. C'est-à-dire prendre le temps d’apprendre à se connaître. Cette connaissance mutuelle, elle a un modèle, une référence. C’est celle du Père et du Fils. Comme je connais mon Père et mon Père me connaît. Cette connaissance est une véritable union, une communion, une véritable intimité.

Alors cela nous interroge : qu’est-ce que je fais pour toujours mieux connaître, le Christ, et me laisser connaître par lui. Est-ce que je prends le temps de le fréquenter, de vivre une certaine intimité avec lui… en prenant le temps de méditer sa parole, de le contempler dans tout ce qui fait sa vie dans l’évangile ?

 

Le bon pasteur, c’est celui qui rassemble. Le mot n’est pas dans le passage que je vous ai lu. Mais, le Christ dit : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Mais, celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix. Il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. De quel enclos parle-t-il ? Je ne sais pas. Peut-être pouvons-nous y voir les autres confessions chrétiennes, les croyants d’autres religions, les non-croyants… Je ne sais pas. Ce que je sais c’est que le Christ nous dit en utilisant le futur : il y aura un seul pasteur, et un seul troupeau. C'est-à-dire que le Christ se fixe comme objectif d’être celui qui rassemblera tous les hommes. Un seul pasteur lui, un seul troupeau : l’humanité. Et qu’il n’y a qu’une seule manière d’y arriver, c’est d’écouter sa voix et de se laisser conduire par lui.

Alors cela nous interroge : quelle part je prends à la mission pour que la part d’humanité qui vit autour de moi ai accès à la parole de Dieu et apprenne à connaître le Christ. Et comment est-ce que je travaille à l’unité du genre humain, à la réconciliation entre les hommes, à la paix dans le monde. A tout ce qui peut favoriser le rassemblement du troupeau.

 

Et puis enfin : Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.

Ce n’est pas un berger mercenaire, le berger mercenaire, il n’est là que pour gagner sa vie, pas pour la donner. Alors si un loup menace le troupeau, ce qui importe le berger mercenaire c’est de sauver sa peau, de sauver sa vie. Alors que le bon pasteur, ce qui l’importe, c’est de sauver le troupeau et il est prêt à donner sa vie pour cela. Nous sommes bien sûr dans le temps de Pâques. Et nous faisons une lecture pascale de cet évangile. C’est la croix que nous voyons se dessiner là. « J’ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la recevoir de nouveau. » Mort et résurrection. Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie nous faisons mémoire de ce don que le Christ fait de sa vie par amour et nous en rendons grâce au Père.

Alors cela nous interroge : est-ce que je sais prendre le temps de reconnaître le don qui m’est fait et d’en rendre grâce. Et quel objectif je donne à ma vie ? Comme le mercenaire, qui ne pense qu’à la sauver ? Où comme le Christ qui ne pense qu’à la donner ?

Finalement cet évangile nous rappelle l’essentiel de la vie chrétienne : vivre une telle intimité avec le Christ, pour pouvoir témoigner que c’est lui qui nous fait vivre.

 

Homélie de Pâques

De grand matin, le premier jour de la semaine, dès le lever du soleil. Aube nouvelle, jour nouveau, nouvelle semaine. L’évangéliste prend bien soin de nous nous signaler qu’une nouveauté bien plus importante se prépare. Trois femmes vont à la rencontre d’une vie qui n’est  plus, elles vont s’occuper d’un corps mort, elles redoutent la pierre qui ferme le tombeau. Mais rien ne se passe comme prévu : le tombeau est ouvert, le crucifié n’est plus là, un jeune vêtu de blanc – qui est-il ? – leur annonce : « le crucifié est ressuscité, il n’est plus ici ».

Les femmes sont saisis de frayeur, nous dit le texte. « Ne soyez pas effrayés » leur dit le jeune homme. Alors Elles sont invitées à faire ce triple passage de la peur à la joie profonde, de l’incrédulité à la confiance, à la foi, de la tristesse du deuil à l’annonce joyeuse de la Bonne Nouvelle de la résurrection. Ce soir, en cette nuit où nous sommes rassemblés pour célébrer, pour fêter Jésus ressuscité, nous sommes non seulement invités à accueillir cette bonne nouvelle qui est au cœur de notre foi, la nouvelle de la résurrection du Christ, mais nous sommes aussi appelés à vivre en disciples du ressuscité et donc à vivre nous-mêmes en ressuscités. Et, c’est en vivant en ressuscités que nous serons à même d’annoncer la résurrection du Christ. Comment annoncer la résurrection du Christ avec une tête de vendredi saint. Trop de chrétiens ont une tête de vendredi saint ! Nous devons vivre en ressuscités, avec une tête du matin de Pâques !  Qu’est-ce que cela veut dire vivre en ressuscités ? C’est passer comme le Christ de la mort à la vie ! Non pas le jour de notre mort ! Mais maintenant ! Comment ?

Comme les trois femmes de  l’Evangile, passer de la peur à la joie profonde.  De l’incrédulité à la foi, à la confiance. De la tristesse du deuil à la joie de l’annonce.

Oui, passer de la peur à la joie profonde.  Nous avons sans doute bien des raisons d’avoir peur. Peur de l’avenir, du chômage, peurs environnementales, peur de la maladie, de l’échec, de l’exclusion, des fanatismes, nous l'avons vu encore récemment. Pour vivre en ressuscités, nous devons nous convertir pour passer d’une attitude de repli sur soi à une attitude de sortie de nous-même pour vivre la joie de la rencontre. Pour vivre en ressuscités, nous devons mettre notre foi au Christ ressuscité en acte, à vivre la joie de l’Evangile en étant solidaires des plus faibles, en portant le souci des plus petits.

De l’incrédulité à la confiance, à la foi. Dans l’évangile, les annonces de résurrection, les rencontres du ressuscité ne sont pas sans incrédulité, on pense bien sûr à celui qui ne croit que ce qu’il voit, Thomas. Mais la suite de cette page dans l’évangile de Marc en est aussi le témoignage. Il ne faut donc pas s’étonner que la foi en la résurrection soit difficile pour nos contemporains et aussi pour nous-mêmes. Vivre en ressuscité, c’est prendre les moyens d’approfondir notre foi. Tant de choses dans notre monde nous incite à ne pas croire – non seulement croire en Dieu – mais aussi croire en l’autre : les violences, les divisions, les séparations, les discours haineux, tout nous incite à la méfiance. Vivre en ressuscité, c’est retrouver le chemin de la confiance en travaillant au vivre ensemble, en travaillant à réconcilier les hommes entre eux, en travaillant à l’amour fraternel, à l’amitié, au dialogue, à la paix…

De la tristesse du deuil à la joie de l’annonce de la bonne nouvelle. Bien sûr dans nos vies, il nous arrive d’être confrontés au deuil, la perte d’un être cher, ou plus simplement de devoir renoncer à un désir profond, un projet qui nous tient particulièrement à cœur et dont il va falloir faire le deuil. Vivre en ressuscités, c’est croire que la vie même du ressuscité habite en nous et nous fait vivre d’une manière nouvelle en prenant le parti de l’espérance. Vivre en ressuscité, c’est vivre avec le Christ pour compagnon, pour ami. Et c’est cette amitié, qu’il nous faut annoncer, proposer comme chemin de bonheur et de résurrection.

Cette nuit, je voulais juste vous confier trois petits mots : La vie, la joie, la foi. Conjugez-les comme vous voulez : Croyez en une vie joyeuse. Vivez joyeusement votre foi… C’est cela vivre en ressuscité et n'oubliez pas : avec une tête du matin de Pâques !

 

Jeudi Saint

Les enfants savez-vous ce que c’est qu’un testament ? Et un héritage ?

Un héritage. Vous en avez déjà entendu parlé puisque quand vous avez préparé le sacrement de réconciliation que nous avons vécu samedi dernier, vous avez lu un conte biblique et une parabole de Jésus où il est question d’un fils qui ne veut plus rien avoir avec son père et qui lui dit : « Donne-moi la part d’héritage qui me revient. » Vous vous souvenez ! Il fait comme si son père était mort et il veut sa part d’héritage. Et donc le testament, c’est le papier sur lequel on écrit ce que donne et à qui on le donne à sa mort.

Ce soir, c’est un peu le testament de Jésus que nous venons de lire. Ce testament qu’il écrit la veille de sa mort, en présence de ces disciples. "Voilà ce que je vous laisse en héritage." Deux choses + une.

Ces deux choses, ce sont deux gestes.

Le premier, c’est St Paul qui nous le rappelait. « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu. » Et St Paul rappelle ce que Jésus ce geste du repas. Ce pain et ce vin que Jésus prend et donne en disant : ‘Prenez et mangez, prenez et buvez, ceci est mon corps, ce ci est mon sang’. Jésus, à travers ce geste, veut faire comprendre à ses disciples que sa mort, c’est d’abord un don, c’est sa vie qu’il donne. Il donne sa vie en nourriture à ses disciples d’hier et aussi à ces disciples d’aujourd’hui que nous sommes. Voilà pourquoi nous refaisons ce geste tous les dimanches et même tous les jours. Voilà pourquoi vous commencerez à communier très bientôt. Pour que la vie de Jésus nourrisse la vôtre.

Et puis le deuxième geste. Nous venons de le vivre. C’est le geste du lavement des pieds. Au cours de ce même repas, la veille de sa mort, Jésus se met à laver les pieds de ses amis. Il prend la place du dernier des serviteurs. Et il leur dit et nous dit : » vous aussi faites de même, soyez serviteurs les uns des autres. » Toute sa vie, Jésus s’est fait le serviteur des hommes et des femmes de son temps. En écoutant, en accueillant, en guérissant, en pardonnant, en relevant. C’est sa vie qu’il nous donne : en nourriture et aussi en exemple. La vie qu’il nous donne en nourriture, c’est la vie du serviteur qu’il était. Alors bien sur, ce deuxième geste, on ne le refait pas tous les dimanches à la messe. Car ce deuxième geste, c’est tous les jours qu’on doit le faire, après de tous ceux qui vivent autour de nous. Le service à la maison, à l’école, dans le quartier. Servir les autres.

Voilà le testament que Jésus nous laisse, l’héritage qu’il nous donne. C’est sa vie. Ce ne sont pas des avoirs, comme des comptes en banque. Avec Jésus, il n’est jamais question d’avoir, avec Jésus, il faut être. Etre serviteur. A si. Avec Jésus, il est question d’avoir. Et c’est mon troisième point. Si le fils de la parabole voulait avoir sa part d’héritage. Avec Jésus, c’est ce qu’il dit à Pierre qui ne veut pas que Jésus lui lave les pieds : « Simon, si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi ! »  Avoir part avec Jésus ! Voilà le véritable héritage. C’est sa vie qu’il nous donne en exemple et en nourriture pour que nous vivions avec lui. Amen.

Homélie du 3ème dimanche de Carême (B)

On peut avoir l’impression en lisant certaines pages d’évangile que l’auteur nous rapporte une anecdote, un petit fait sans importance de la vie de Jésus. Et quand, en plus, cette anecdote ne correspond pas bien à l’idée que l’on se fait de Jésus, on ne se presse pas d’aller chercher plus loin pour en découvrir tout le sens. Ainsi en est-il de ce récit que Saint Jean  nous rapporte : Jésus se met en colère, tresse une corde pour en faire un fouet, chasse les vendeurs du Temple et renverse les tables de changeurs.  Est-ce un coup de colère anecdotique ? Ou est-ce bien plus que cela ? Le simple fait que St Jean ait choisi de nous rapporter ce récit et aussi toute la discussion qui suit, nous oblige à nous interroger sur la signification de ce geste.  Et la signification de ce geste est tout simplement radicale : Jésus vient changer la religion. Ce récit se situe au chapitre 2 de l’évangile de Jean. Le premier chapitre, c’est le prologue, le témoignage de Jean Baptiste et l’appel des premiers disciples. Le chapitre deux est constitué de deux récits. Le premier, c’est le récit des noces de Cana et le second, l’évangile de ce jour.  Ce chapitre deux est donc est un chapitre annonciateur, prophétique: Jésus vient changer la religion. Les ablutions rituelles, c’est fini. Le Temple, c’est fini. Les sacrifices, c’est fini.

Jésus ne change pas l’eau en vin à Cana. Il remplace l’eau des ablutions rituelles des juifs en vin des noces de l’Agneau. Les juifs ont toujours besoin de se laver, de se purifier, d’être purs face à Dieu. Jésus vient leur dire, la religion, c’est pas ça. Ce n’est pas d’avoir peur d’être impur, la vraie religion c’est une histoire d’alliance, c’est un mariage, c’est être aimé et aimer Dieu. Les Noces de Cana, c’est l’annonce de la nouvelle alliance, d’un mariage d’amour entre Dieu et l’humanité. Jésus nous fait passer d’une religion de la peur à une religion de l’amour.

Et cela se confirme avec l’évangile de ce jour. La première parole de Jésus dans cette page d’évangile est celle-ci : « Cessez de faire de la maison de mon Père, une maison de commerce ». Ou de trafic dans l’ancienne traduction. Nous sommes dans le Temple et Jésus semble s’en prendre à tous les acteurs, à tous ceux qui jouent un rôle dans ce Temple. C'est-à-dire les grands-prêtres, les docteurs de la Loi, les lévites, les pharisiens, les scribes. Ils tirent profit de leur situation, de leur place, de leur privilège pour bien vivre. Dans le Temple, ils sont chez eux. Alors que le Temple, à l’origine, c’est le signe de la présence de Dieu. Dieu est là présent au milieu de son peuple, son peuple qu’il a choisi, libéré, installe sur cette terre. Ils ont oublié Dieu et ils se sont installés chez Lui. Ils ont pris sa place. Alors Jésus vient remettre les choses à leur vraie place. Le vrai temple ou Dieu habite, c’est le corps. Dieu est venu s’installer chez vous, en vous. Vous avez cru vous installez chez lui dans le Temple, mais c’est Dieu lui-même qui est venu s’installer chez vous dans votre corps.

Même chose pour les sacrifices. Dans le temple, il y a tout un trafic autour des sacrifices. C’est un véritable commerce, il y a les vendeurs de bœufs, de brebis, de colombes. Et puis il y a les changeurs, les banquiers, qui se chargeaient de changer l’argent, car dans le Temple, on ne pas paie avec l’argent de l’occupant. « Enlevez tout cela ! » Avec Jésus, il n’y a plus besoin de sacrifice. Dieu est là présent pas besoin de lui offrir des sacrifices pour s’attirer ses bonnes grâces. Jésus nous indique qu’il n’y a qu’un seul sacrifice : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Il parlait de son corps. Puisque le nouveau Temple, c’est son corps, le seul sacrifice, n’est plus un sacrifice rituel inefficace, c’est le sacrifice existentiel, le sacrifice de son propre corps, c’est à dire de sa propre existence. C’est le don de soi, par amour. Pas besoin de sacrifice pour s’attirer les bonnes grâces de Dieu. Dieu lui-même nous fait grâce de son Fils. Dieu nous donne son Fils. Et son Fils nous donne sa vie.

Alors quelle est notre religion ? Une religion de peur, la peur de ne pas être en règle, de ne pas avoir fait de sacrifices, de ne pas être pur ? Ou est-ce la religion de l’amour. Notre Père que ta volonté soit faite. Tu nous aimes tellement que tu es venu habiter chez nous dans notre corps, dans notre cœur. Ta volonté, c’est que je te laisse un peu de place. Ta volonté, c’est que je puisse aimer à la mesure dont tu nous aimes. Totalement, jusqu’au bout, jusqu’au don de soi.  Oui, Père, donne-moi la force de ton Esprit pour que je puisse faire ta volonté : t’aimer en aimant tous mes frères et sœurs, les hommes et les femmes de ce temps.

 

Homélie du 6ème dimanche du temps ordinaire (B)

Une rencontre ! Une rencontre de Jésus, comme il y en a beaucoup dans l'évangile. Aujourd'hui c'est la rencontre du lépreux ! C'est une rencontre improbable, impossible. C'est une rencontre incertaine, indécise. Enfin, c'est une rencontre belle, lumineuse. Ce sera mes trois points que je détaillerais pour le lépreux, pour Jésus et aussi pour moi.

C'est une rencontre improbable, impossible pour le lépreux. Si nous avons bien écouté la première lecture, ce passage du livre du Lévitique - je crois que c'est la seule fois dans les trois années liturgique que nous entendons un extrait de ce livre - qui nous rapporte la conduite à tenir en cas du suspicion de cas de lèpre : il faut absolument isolé le malade. il peut être contagieux. Il est mené hors du camp. Il est exclu. Jamais ce lépreux n'aurait du s'approcher de Jésus, se jeter à ses pieds, au risque de contaminer tous ceux qui étaient là ce jour-là. Et Jésus lui-même qui se laisse toucher par le lépreux n'aurait jamais du toucher cette personne malade. Mais Jésus accepte de passer outre les interdits, les recommandations, les usages de son temps. Oui, cette rencontre aurait du être impossible. Et nous, est-ce que nous savons aussi nous libérer de toutes les contraintes, les manières de faire, les interdits... pour aller à la rencontre de ceux et de celles que rien ne pourrait nous rapprocher ? Les roms, les migrants, les gens du voyage, les personnes souffrant de handicap.... ?

Et puis cette rencontre est aussi incertaine, indécise. Un petit peu comme une rencontre sportive. Quelle va être l'issue de la rencontre ? L'homme qui s'approche de Jésus, il est atteint d'une maladie grave, incurable à cette époque, contagieuse... Cette maladie, elle est le symbole du mal présent dans le monde, dans la vie. Jésus lui, nous le savons, c'est le bien en personne. Il est porteur du bien. ALors la question peut se poser lequel des deux est le plus contagieux, lequel des deux va contaminer l'autre. Est-ce que le mal va l'emporter ? Ou est-ce le bien ? Qui va gagner ? Bien sûr nous le savons. C'est même le coeur de notre foi : avec Jésus le bien est toujours vainqueur du mal. Voilà une bonne nouvelle ! Le bien finit toujours par l'emporter. Alors la question se pose aussi pour nous-même. De quoi est-ce que je suis contagieux ? Est-ce que la mine défaite de ma mauvaise humeur va contaminer la personne qui est en face de moi ? Est-ce que mon sourire va redonner le sourire à la personne que je rencontre ? Oui, est-ce que le bien que je porte en plus est plus contagieux que ce qui est mal en moi ? En tout cas, on peut s'interroger, de que bien suis-je contagieux.

Et puis cette rencontre, c'est aussi une rencontre belle, lumineuse ! Aujourd'hui, c'est le dimanche de la santé qui nous propose comme thématique : "Montre-moi ton visage !" Avec la conviction que chaque visage - même le plus souffrant - me révèle quelque chose du visage de Dieu. Alors, le lépreux, avec son visage de lépreux, son visage défiguré, son visage de souffrant, n'est sans doute pas sans nous évoquer le visage du Christ sur la croix, le visage du serviteur souffrant comme l'annonçait le prophète Isaïe. C'est le visage de l'exclu, du rejeté, du méprisé... le visage du plus petit auquel le Christ s'identifie. Est-ce que je sais le reconnaître et l'accueillir. Et le visage du Christ, dans cette page d'évangile, ce visage compatissant, accueillant, le visage de celui qui relève, guérit, pardonne... Oui, Jésus nous révèle le visage du Dieu amour et miséricordieux. Alors moi ! "Montre-moi ton visage !" Quel visage je donne à voir, quel visage je révèle. Est-ce le visage du Dieu de la vie ? Du Dieu qui veut le bonheur chacun de ses enfants ? Pourra-t-on dire après m'avoir rencontré : 'j'ai fait une belle rencontre aujourd'hui, une rencontre lumineuse ? 

 

Homélie du 2ème dimanche du temps ordinaire (B)

De cette page d'évangile, j'ai voulu d'abord retenir deux questions, car ce sont deux questions que je trouve très actuelles : Que cherchez-vous ? Où demeures-tu ?

Que cherchez-vous ? C’est d’abord la question de Jésus aux deux disciples : que cherchez-vous ? Une question qu'il nous adresse aussi à nous aujourd'hui : Que cherchons-nous ? Quel est le sens de notre existence ? Quelles réponses pouvons-nous donner à cette question ?Peut-être trois pistes :

  • Etre heureux et rendre heureux ceux qui nous entourent. La recherche du bonheur est commune à toute existence.
  • Aimer et être aimé.
  • Donner du sens à notre existence en étant utile aux autres et à la société par notre travail si possible ou par des engagements envers les plus démunis, en posant notre regard sur...., comme le suggère l'évangile. Et aujourd'hui je pense particulièrement aux migrants et aux réfugiés...

Voilà trois types de réponses que nous pouvons avoir à la question : Que cherchons- nous ?

Mais à cette question les disciples répondent par une autre question : Où demeures-tu ? Une question là aussi bien actuelle ! Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais depuis que nous utilisons des téléphones que l’on appelle portable ou mobile, ils sont bien personnels. Et on n’appelle plus chez quelqu’un, une maison, une habitation, on appelle une personne et arrive le moment où on pose la question : mais "T’es où ?" Une questions que l'on poserait bien quelque fois à Dieu : "Dieu t’es où ? Où demeures-tu ? " C’est vrai, il y a trois semaines, nous avons fêté Noël. Et depuis Noël, nous le savons Dieu n’habite plus aux cieux. Dieu n’habite plus chez lui, il habite chez nous. Dieu a fait chez nous sa demeure. Saint-Paul le disait tout à l'heure, "votre corps est le sanctuaire de l'Esprit." Mais il nous arrive de le chercher, de ne plus trop savoir où le trouver. Dieu t’es où ? 

Que cherchez-vous ? Où demeures-tu ? Deux questions, deux questions bien actuelles, mais qui sont comme des invitations à ne pas se reposer sur ce que nous savons ou nous croyons savoir, de ne pas se contenter de ce que nous croyons, de ne pas rester bien assis dans son confort, ses certitudes, les deux pieds dans le même sabot.

Alors en une phrase l’évangéliste pose trois verbes : "Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui ce jour-là." Ces trois verbes nous disent quelques chose de l’attitude du disciple du Christ, du chrétien, du baptisé. 

Le disciple, c’est celui qui répond à l’invitation du Christ : Venez. "Ils allèrent donc." Aujourd’hui, nous sommes venus, nous avons répondu à une invitation, nous avons accepté de quitter notre chez nous, notre cocon familial, notre bien-être, pour nous rassembler en communauté, en Eglise, pour rencontrer le Christ.

"Ils virent où il demeurait". Le disciple, c’est celui qui cherche à toujours mieux connaître le Christ, sa vie, son environnement son message, qui cherche à toujours mieux le connaître pour reconnaître sa présence dans sa vie de tous les jours.

"Ils restèrent auprès de lui ce jour-là." Le disciple, c’est celui aussi qui  prend le temps de rester en présence de Jésus. Etre en présence de quelqu’un que nous ne voyons pas. C’est n’est pas si facile et c’est là que notre téléphone est très utile : nous sommes présents à celui que nous ne voyons pas et que nous ne savons pas toujours où il est. Mais comme Jésus n’a pas de 06 ou de 07, demeurer près de lui, c’est prendre le temps de se tenir en sa présence, de le prier, de célébrer et d’écouter sa parole et de la faire vivre dans notre vie de tous les jours.

Répondre à l’invitation du Christ, chercher à le connaître et demeurer auprès de lui. Je crois très sincèrement que si nous acceptons de réaliser cette triple démarche, alors peut-être que notre recherche de bonheur, notre besoin d’amour et notre quête de sens à donner à notre existence trouverons-ils quelques réponses ?

 

Homélie de la nuit de Noël

Vous avez remarqué comme les textes de cette nuit de Noël sont marqués par la nuit. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres, sur les habitants du pays de l’ombre. » Au temps d’Isaïe, le peuple est dans les ténèbres, les ténèbres de la guerre, de l’exil, de l’absence et du silence de Dieu. Au temps des évangiles, ce sont les bergers qui passent la nuit dans les champs pour garder leur troupeau. Ils représentent  aussi le peuple qui est dans la crainte, la nuit, du voleur et des bêtes sauvages…. Sans doute que nous aussi, nous avons quelques fois l’impression d’être dans la nuit, l’obscurité. L'obscurité du monde, de nos vies, de notre foi...

Et tout à coup voilà qu’une grande lumière les saisit. "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les habitants du pays de l’ombre une lumière a resplendi". Et même les bergers sont "enveloppés par une grande lumière". Tout au long de ce temps de l’avent, nous avons été invités à être attentifs à toutes ces petites lumières qui peuplent notre monde et notre vie. Nous l’avons entendu tout à l’heure. Parmi toutes ces lumières qui vous avez rapportées, j’en retiens une, une seule. C’est celle-ci : « Ma petit fille Lou, nouvelle lumière de quelques semaines qui vient éclairer d’amour nos familles. »

Une naissance ! Un petit bébé qui vient illuminer ceux qui l’aiment. SI j’ai retenu cette lumière, c’est pour me situer dans la ligne d’Isaïe et de l’Evangile. « Oui un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » annonçait le prophète Isaïe, tout comme l’ange de l’Evangile aux bergers : "Aujourd’hui vous est né un sauveur,... vous trouverez un nouveau-né couché dans une mangeoire. »

Vous allez me dire. Des bébés, il en naît beaucoup tous les jours de par le monde. Ils n’illuminent pas nos vies. Au contraire, l’accroissement de la population mondiale aurait plutôt de quoi nous inquiéter. C’est vrai. 4 bébés naissent chaque seconde dans le monde. Mais le nôtre, celui dont nous fêtons la naissance en cette nuit n’est pas un bébé comme tous les autres. Il est le fruit de l’amour.  C’est vrai tous les bébés aussi. Mais lui pas de n’importe quel amour. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes, qu’il aime. » Ainsi se terminait cette page d’évangile. Dieu aime les hommes. Dieu aime l’humanité. Dieu aime tellement l’humanité qu’il vient l’épouser. Ce thème des épousailles parcourt toute la Bible. Et de cette union naît Jésus, fils de Dieu et par Marie, fils de l’humanité. Voilà la lumière qui nous illumine en cette nuit. Dieu aime tellement notre humanité qu’il est venu l’épouser. Nous ne sommes pas perdus dans l’obscurité du néant ; ce petit enfant nouveau-né, à la fois Dieu et Homme, vient illuminer d’amour toute la famille humaine. Et son amour est si grand qu’il donnera sa vie en aimant jusqu’au bout. C’est ce que nous rappelle la croix. Alors nous pourrons chanter tout à l’heure : « de la crèche au crucifiement, Dieu nous livre un profond mystère, de la crèche au crucifiement Dieu nous aime inlassablement. »

Alors comme disait le pape François : « L’amour est au fond l’unique lumière qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité. » L’amour de Dieu et l’amour des autres, celui que nous recevons  et que nous donnons.  Alors en cette nuit de Noël, contemplons l'enfant de la crèche, aimons-le, contemplons la croix pour comprendre combien ils nous a aimé. Et aimons-nous les uns les autres. Il n'y a que l'amour qui sauvera notre monde. Amen.