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Question : Nous sommes dans l'année Matthieu et nous lisons Jean. Pourquoi ? Est-ce le temps pascal qui le demande ?

Réponse : Voilà une question intéressante ! (comme toutes les questions), car elle pose la question de la nature, du statut du 4ème évangile qui est sensiblement différent des trois autres. A tel point que les trois autres, on les a appelés "synoptiques", c'est à dire du grec : syn (même) optique (vision). Les trois premiers évangiles ont la même vision et le 4ème à une vision différente. Quelle est cette même vision ? Les trois évangélistes (Matthieu, Marc et Luc) nous font découvrir petit à petit quel est la véritable identité de l'homme Jésus. On chemine avec lui sur les routes de Judée et de Galilée ; et avec les rencontres qu'il fait, les paroles qu'il prononce, les actes qu'il pose, on est amené à se poser la question : "Qui est cet homme ?" Et chaque évangéliste va dresser le portait de Jésus avec des insistances différentes certes (autant le Jésus de Matthieu est un maître, un enseignant, autant le Jésus de Luc est le bon pasteur, plein d'amour et de tendresse), mais avec une même logique (une même optique) partir de l'homme Jésus pour arrivé au Messie de Dieu. C'est ce qu'on appelle une théologie ascendante.

L'évangile de Jean est tout autre. D'emblée, Jean l'annonce dans son prologue : le Verbe s'est fait chair. Le verbe, la Parole de Dieu, est venue dans le monde, comme une lumière, mais le monde a préféré les ténèbres. "Voici l'Agneau de Dieu", proclame Jean-Baptiste en présentant celui qui ne cesse de dire "JE SUIS..." (La lumière, la porte, le bon pasteur...). Et ce Verbe de Dieu, cette Parole de Dieu, cet Agneau de Dieu, petit à petit va s'abaisser, jusqu'à laver les pieds de ses disciples, jusqu'à se faire serviteur. Le maître se fait le serviteur, l'esclave, le plus petit de tous. Il s'abaisse, jusqu'à la mort... sur la croix. Et la croix, c'est l'heure où se révèle la gloire de Dieu : son amour pour les hommes. On est là dans une théologie descendante.

Alors depuis la grande réforme liturgique qui a suivi le Concile Vatican II, la lecture de la Parole de Dieu a (re)trouvé une place importante dans la célébration de l'Eucharistie et les évangiles lus le dimanche se sont articulés autour des trois années : A, B et C, avec comme fil conducteur les trois évangiles synoptiques. On pourrait se demander pourquoi pas 4 années avec une année Jean. C'est vrai. Mais l'optique de Jean, sa théologie descendante, et ses longs récits et discours, s'accommode mal d'un déploiement temporel du mystère de l'Incarnation. D'autant plus que la moitié (ou presque) de l'évangile de Jean ne concerne que les 3 derniers jours de sa vie (9 chapitres : 13 à 21). Le choix a donc été fait d'articuler la liturgie de la Parole des célébrations eucharistiques dominicales en trois années avec les trois premiers évangiles.

Mais l'Evangile de Jean n'est pas pour autant oublié. C'est ainsi qu'on le retrouve :

Dans l'année A : les 3ème, 4ème et 5ème dimanches de carême, avec La rencontre de Jésus avec la Samaritaine, la guérison de l'Aveugle-né et la résurrection de Lazare. Trois grands textes 'catéchuménaux' pour la dernière préparation des futurs baptisés de Pâques avec ce que l'on appelle les scrutins.

Dans l'année B. Car l'évangile de Marc est beaucoup plus court que ceux de Matthieu et Luc... Et donc tout l'été (en août), on lit le long chapitre 6 de Saint-Jean, le discours sur le pain de vie.

Et tous les ans pendant le temps pascal, on relit quelques extraits de ces chapitres après la Cène où Jésus donne quelques clés de compréhension de sa mort et de sa résurrection. Voilà pourquoi, en ce moment nous lisons Saint Jean à la lumière de Pâques. Car n'oublions pas, l'évangile, tout l'évangile a été écrit après Pâques, à la lumière de la résurrection. Et chaque page de l'évangile est une annonce de la résurrection de Jésus.

 

Question : Que signifie dans le deuxième lecture du 3 mai, la première phrase : "Bien-aimés,
    si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu." 

Réponse : Effectivement si on isole cette phrase de son contexte, on a du mal à faire le lien entre la souffrance et le bien. Et quand il est question de souffrance, on ne voit pas bien la grâce de Dieu. Mais quand lit bien toute la lecture, on comprend que celui qui a reçu la grâce de supporter la souffrance pour avoir fait le bien ce n'est autre que le Christ, lui-même, sur la croix. Si le Christ a été arrêté, a souffert la passion et la mise à mort sur la croix, c'est parce que toute sa vie, il a fait le bien. Le Christ a souffert sur la croix, sans doute d'une manière qu'il nous sera totalement impossible à imaginer, pendant 3 heures.  Et on peut penser, comme Pierre, qu'il lui aura fallu la grâce de Dieu pour endurer toutes ses souffrances,

Alors quand Pierre s'adresse à la communauté chrétienne, la souffrance dont il parle, c'est la souffrance du chrétien méprisé, déconsidéré, rejeté, moqué, raillé - ou pire dans certains pays - , parce que, en tant que  chrétien, il s'attache à faire le bien, témoignant par là de son attachement au Christ. "Il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces." 

Aujourd'hui nous vivons dans un monde, tellement 'tolérant' et 'indifférent' que le bien que l'on peut faire  au nom de notre attachement au Christ ne suscite pas grand chose, tout juste un peu de mépris de la part de rares personnes, quelques fois de l'incompréhension de la part notre entourage. Et cela peut faire souffrir, mais c'est bien sûr sans commune mesure avec celle du Christ. Mais nous pouvons toujours demander à Dieu la grâce de pouvoir le supporter.

 

Question  : Que signifie les 153 gros poissons dans l'évangile du vendredi de l'octave de Pâques ? (La pêche miraculeuse dans saint Jean après la résurrection de Jésus.

Réponse : Beaucoup ont essayé de déchiffrer ce nombre. Et on en trouve beaucoup d'explications. Malheureusement, aucun n'et pleinement satisfaisante. Les plus sérieux s'accordent à dire que : le poisson est un symbole chrétien à cause du mot grec ICTUS qui signifie poisson et qu'on a utilisé comme acronyme pour parler de Jésus  = Iesos Christos Theous Uios Soter = Jésus Fils de Dieu Sauveur). Le poisson désigne donc le Christ et donc le chrétien. Et le nombre 153, on lui fait dire un peu ce qu'on veut et à partir de certaines théories on arrive à parler de l'humanité (153 espèces de poissons connues à cette époque). Ce qui fait dire à Saint-Jérôme que Pierre - devenu pêcheur d'hommes - avec sa barque -, symbole de l'Eglise  - part à la pêche pour sauver l'humanité toute entière dans son filet - filet qui est l'une des images utilisées par Jésus dans l'évangile pour parler de la fin des temps).

Après on peut trouver beaucoup d'autres choses à partir du chiffre 17  (nombre de peuples représentés le jour de la Pentecôte, voir Actes 2 : Parthes, Mèdes, Elamites.... etc...). Si on additionne 1+2+3+4+5+6.... +16 + 17 on obtient 153, là aussi l'humanité rachetée..  Amusez-vous avec des boules. 17 en bas, puis 16, au-dessus, jusqu'à 1, vous obtenez un triangle équilatéral parfait de 17 boules de chaque côté. Le triangle équilatéral, symbole de Dieu que les bâtisseurs utilisaient pour orner les synagogues et les églises.  17 étant la Loi (10 commandements) + la Création (7 jours).

Bref si vous vous en savoir plus, sans être plus avancés, vous trouverez ici  : Une homélie sur les 153 poissons

Tiens 3² + 12² = 3x3 + 12x12 = 9 + 144 = 153 (3 le chiffre de Dieu et 12 le chiffre du peuple au carré) Intéressant. 

 

Question : Pourquoi rajouter "Il est VRAIMENT" ressuscité ? Dire "Christ est ressuscité", ça ne suffit pas ?

Réponse : En fait, c'est une salutation que les chrétiens orientaux de l'église primitive utilisaient pour se saluer pendant le temps pascal. Le premier saluait en disant : Le Christ est ressuscité.

Et le second répondait à la salutation du premier par : "Il est vraiment ressuscité.
Et je crois que cette salutation continue d'être utilisé chez les chrétiens orthodoxes.
 
Après, je crois qu'il y a là aussi la volonté - paradoxalement - d'affirmer que le Christ était vraiment mort. Ce qui aux premiers siècles de l'Eglise faisait vraiment débat : si le Christ est vraiment Dieu, il ne peut pas mourir ! Et donc s'il n'est pas vraiment mort, ben, il n'est pas vraiment ressuscité non plus.
Donc la foi chrétienne affirme fortement qu'il est VRAIMENT mort et donc,  s'il est vraiment mort, il  est VRAIMENT ressuscité !
 

 

Question : Est-ce que cette pandémie est une punition de Dieu ?

En guise de réponse, je vous propose un extrait d'une interview de Mgr Lafont, évêque de Cayenne (Guyanne)

Mgr Emmanuel Lafont, quel est votre regard sur la crise sanitaire mondiale du moment ?
De mémoire humaine, jamais pandémie n’a pris une telle ampleur médiatique comme celle du COvid_19. La raison principale est la manière si rapide de son expansion et la saturation des établissements hospitaliers qui ne peuvent pas faire face !
Toute mort est terrible. Ma pensée et ma prière vont d’abord vers les personnes qui meurent seules, vers les familles et les amis qui ne peuvent ni accompagner les malades ni rendre un dernier hommage comme ils le voudraient. Que Dieu leur vienne en aide !
Cette crise contraint déjà le monde à vivre autrement : confiné, appelé à réfléchir, à prier, à mesurer ses gestes et ses envies. Puissions nous demeurer ensuite dans cette conversion du style de vie !

 Que répondre à ceux qui s’interrogent sur la « responsabilité » et surtout « l’action » de Dieu pour limiter la propagation du virus ?
Dieu n’est pas responsable de cette pandémie. Peut-être le sommes nous nous-mêmes tellement nous avons abusé de la nature et même de nos corps par une activité à tous égards excessive et dans l’exploitation de la nature, et dans le non respect de nos corps, de notre nourriture, de nos temps de repos. A force de courir…
Et à ceux qui parlent « d’une punition » de Dieu ?

Dieu ne punit jamais. Nos fautes, nos erreurs peuvent nous « punir » et Dieu laisse faire et nos erreurs et leurs conséquences. Mais il ne nous abandonne pas. Relire tranquillement l’histoire de Caïn et la manière dont Dieu est présent, avant et après le meurtre (Genèse 4,1-16), et même quand Caïn part « loin du Seigneur ». Lui s’éloigne, mais pas Dieu.
Mais Dieu est au coeur de l’humanité. Il accompagne les croyants, il leur donne espoir, il les aide à choisir le respect des personnes et des règles. Il donne courage pour faire ce qui est bien et éviter ce qui ne l’est pas. Je le vois à l’œuvre chez tant de croyants, de malades, de médecins, d’infirmiers, de journalistes, de responsables politiques, de pasteurs… Sa présence bienfaisante est palpable, bin au delà des cercles de croyants…

Certains affirment que tout ce que vous vivons en ce moment est écrit dans la bible, est-ce vrai ?
Ce qui est écrit dans la Bible, c’est que Dieu a mis devant nous un choix : celui de la mort (en désobéissant) et celui de la vie (en obéissant) : Deutéronome 30,15-18. Cela se vérifie tous les jours. Mais la Bible n’a jamais parlé du COvid_19 ! Elle n’en a pas besoin !

 

 

 

Question : Comment va-t-on faire aux Rameaux s'il n'y a pas de messe ? ATTENTION, changement dans la réponse suite à des directives diocésaines ce vendredi 27.

Réponse :  Qu’est-ce que le Dimanche des rameaux ? Six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus vient à Jérusalem. La foule l’acclame lors de son entrée dans la ville. Elle a tapissé le sol de manteaux et de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur. C’est en mémoire de ce jour que nous apportons des rameaux (de buis, de laurier).  On lit le récit évangélique de l’entrée messianique de Jésus. Puis après la bénédiction des rameaux, nous nous  mettons en marche, en procession : marche vers Pâques du peuple de Dieu à la suite du Christ.

La foule nombreuse venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

La tradition chrétienne veut que l’on emporte, après la messe, les rameaux bénits, pour en orner les croix dans les maisons : geste de vénération et de confiance envers le Crucifié.

Alors, comment allons-nous faireNous venons de recevoir des directives diocésaines. Si le calendrier liturgique ne peut être chamboulé, la semaine sainte et Pâques ne changeront pas de date. Rien n'interdit de bénir les rameaux à un autre moment de l'année. Il est donc envisagé de commencer la première messe dominicale après le confinement par la bénédiction des rameaux. Il en est de même pour la messe chrismale (bénédiction du saint-chrême, de l'huile des malades et de l'huiles des catéchumènes) qui est envisagée le mercredi 27 mai.  Très bientôt des informations concernant les célébrations de la semaine sainte et les célébrations pascales.

 

Question : Et la communion spirituelle ?

Réponse : Cette question nous oblige à nous interroger sur notre pratique de la communion. Sans doute, un peu par habitude, nous participons à la célébration eucharistique où nous communions presque naturellement. Aujourd'hui, il ne nous est pas possible de participer physiquement à une célébration eucharistique et donc de communier au Corps du Christ. Cette situation va durer quelques semaines et nous ne le pourrons pas, ni le jeudi saint, ni à Pâques. Ce qui nous paraissait sans doute inenvisageable il y a quelques semaines. Et pourtant !

Combien de personnes participent à la célébration eucharistique sans communier au Corps du Christ ? Les plus visibles sont les enfants qui n'ont pas encore commencé à communier. Mais il y en a d'autres, moins visibles, ceux et celles qui ne sentent pas prêts, pas dignes, ceux et celles qui peuvent respecter les règles de l'Eglise. A quelles conditions sont-ils en communion, avec les autres, avec Dieu ? Sont-ils moins en communion, que nous qui communions ? Et sans doute avons-nous du mal à imaginer la situation des communautés chrétiennes des certains pays d'Afrique ou d'Amérique Latine qui ne voient le prêtre que deux fois dans l'année...

Effectivement, c'est là que nous pouvons parler de communion spirituelle ou encore communion de désir. L'enseignement de l'Eglise la définit comme "un ardent désir de se nourrir du Pain Eucharistique, avec une foi vive et agissante dans la charité." Y croire, la sérier et en vivre. Telles sont les trois conditions de cette véritable communion qui nous nourrira,nous fortifiera, nous réjouira et pourra aussi réparer le lien (la communion avec Dieu) qui pourrait être distendu par le péché. (Saint Augustin), dans l'attente de pouvoir communier sacramentellement.

 

Question : J'ai l'habitude de me confesser avant les grandes fêtes et à la fin du carême. Comment puis-je faire cette année ?

Réponse : Voilà ce que répond le pape François. "Faites ce que dit le catéchisme, c’est très clair : si vous ne trouvez pas de prêtre pour vous confesser, parlez à Dieu : Il est votre père ! Et demandez pardon de tout votre coeur, en récitant l'acte de contrition. Promettez-lui : 'Plus tard, je me confesserai mais pardonnez-moi maintenant'. Et immédiatement, vous ressentirez de nouveau la grâce de Dieu", "Comme nous l’enseigne le catéchisme, vous pouvez vous approcher par vous-même du pardon de Dieu, sans avoir de prêtre à portée de main. Un acte de contrition bien fait et notre âme redevient blanc comme neige." Pour ceux qui l'auraient oublié :

Acte de contrition : Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce-que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la résolution, avec le secours de Votre sainte grâce, de me corriger à l'avenir et de faire pénitence. Amen.

Ou encore : Père, Dieu de tendresse et de miséricorde, j'ai péché contre Toi et mes frères. Je ne suis pas digne d'être appelé Ton enfant, mais près de Toi se trouve le pardon. Accueille mon repentir. Que Ton Esprit me donne la force de vivre selon Ton amour, en imitant Celui qui est mort pour nos péchés, Ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

 
 

Question : Je viens de lire un article intitulé "

Les professionnels de la santé et les proches soignant les malades infectés par le nouveau coronavirus pourront aussi bénéficier du pardon.

Pour moi le salut et le pardon c'est bien au-delà d'une "indulgence plénière" et je suis un peu déboussolée , voir complètement.

Réponse :  Ici, on n'est pas dans les petites fautes du quotidien. On est dans le domaine du péché grave qui nécessite demande de pardon, parole de pardon ou absolution. Mais ce n'est pas suffisant : il s'agit d'un péché qui nécessite une peine, une pénitence, voire une réparation. L'indulgence (partielle ou plénière) n'intervient pas sur le pardon qui est donné dès l'absolution, mais sur la pénitence à accomplir après. L'indulgence plénière ne dispense pas de la demande de pardon et de la parole d'absolution, elle dispense totalement de la pénitence, et bien sûr l'indulgence partielle dispense partiellement de la pénitence.

C'est vrai que dans les célébrations communautaires avec absolution collective, on ne donne pas à chacun une pénitence. Mais, on invite les personnes qui viennent de recevoir l'absolution à accomplir un geste précis dans les jours à venir, par exemple une réconciliation. Dans les confessions individuelles, le prêtre peut donner une "peine" et le "pénitent" accomplit une "pénitence". L'indulgence dispense totalement (quand elle est plénière) ou partiellement de l'accomplissement de cette peine, de cette pénitence.